Archives pour la catégorie Actualités

largile-colle-les-grains-entre-eux

l’argile : le liant de la terre crue!

La terre est un béton d’argile. C’est un matériau de construction composite fabriqué à partir de granulats (cailloux, sables, silts) agglomérés par un liant : l’argile.

Terre = Granulats + Argiles + Eau + Air
Granulats : cailloux, graviers, sables et silts. 20cm à 2μm de diamètre
Argiles : grains plats inférieurs à 2μm

La terre crue fait donc partie de la famille des bétons.


La taille et la proportion des grains varient beaucoup d’une zone géologique à l’autre. Le matériau terre est donc différent selon les endroits : variation de couleur, d’aspect, de la taille des grains…
L’argile, le liant de la terre crue !

L’argile enrobe et lie les granulats entre eux. En regardant de plus près, l’argile est constituée de grains plats et fins comme des feuillets.

A cette échelle nanométrique, l’eau agit comme une colle. C’est l’eau qui va faire tenir les feuillets d’argile entre eux grâce principalement à la force capillaire.
Comme deux feuilles de papiers collent entre elles quand on les mouillent, les feuillets d’argile collent entre eux grâce à la fine pellicule d’eau qui les recouvre.

La structure feuilletée des argiles et leurs petites tailles permettent à l’eau de former des ponts capillaires solides, car la force capillaire est d’autant plus forte que les feuillets sont petits et plats.

Une partie de l’eau contenue dans la terre s’évapore dès que la température augmente. La condensation capillaire s’effectue lorsque que la température diminue. Il existe entre les feuillets d’argile une quantité d’eau qui reste emprisonnée et ne s’évapore pas même à température ambiante.
Un mur en terre n’est donc jamais tout à fait sec, une quantité d’eau reste toujours emprisonnée entre les feuillets d’argiles. Même dans le désert les murs en terre contiennent encore suffisamment d’eau pour faire tenir l’argile.

Les illustrations de cet article proviennent du CRAterre-ENSAG et de l’ouvrage : ANGER, FONTAINE, et al. Bâtir en terre, du grain de sable à l’architecture. Paris: éditions Belin, 2009.

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architecture de terre d'aujourd'hui

7 bons livres d’architecture en terre

Une grande variété d’ouvrages traitant du matériau terre et de son architecture sont disponibles.

Voici mes 7 livres préférés :

  • Les généralistes

Nouveauté 2016

architecture en terre d'aujourd'huiGAUZIN-MULLER. Architecture en terre d’aujourd’hui. France : CRAterre éditions, Amaco, éditions Museo, 2016.

Ce livre rassemble les projets d’architecture de terre à travers le monde récompensés lors du Terra Award 2016 qui s’est tenu pendant le congrès Terra 2016 à Lyon.

Très beaux exemples de bâtiment en terre à en faire saliver les fans d’architecture contemporaine.

Le + : les bandes dessinés pour expliquer les techniques de mises en œuvre qui rendent l’ouvrage accessible à tous les publics.

 

ANGER, FONTAINE, et al. Bâtir en terre, du grain de sable à l’architecture. Paris: éditions Belin, 2009.

Le livre a été réalisé à l’occasion de l’exposition “Ma terre première, pour construire demain” à la Cité des sciences à Paris 2009.

Rétrospective de l’architecture en terre à travers le monde, photos magnifiques. La deuxième partie vulgarise la science du matériau.

Cet incontournable généraliste présente son propos scientifique de grande qualité sous une mise en page soignée.

ROHLEN et ZIEGERT, Construire en terre crue. Paris : éditions le Moniteur, 2013.

Contenu scientifique présentant les données techniques allemandes. Vous trouverez les informations scientifiques à propos de structure (résistance à la compression, indication pour le dimensionnement des ouvrages en terre). Les caractéristiques thermiques de la terre sont décrites.

Ce livre est un très bon guide technique pour les professionnels de la maîtrise d’oeuvre.

 

  • Les manuels pratiques

enduit sur supports composés de terre crueRÉSEAU écobâtir, Enduits sur supports composés de terre crue: Règles professionnelles – 63 fiches d’exemples de mise en oeuvre. Paris : éditions Le Moniteur, 2013

Un des rares référentiels existants pour l’emploi du matériau terre.

Ce livre traite des bonnes pratiques lors des travaux de mise en oeuvre d’enduits sur les bâtiments existants en terre crue. Intéressant lors de la rédaction de CCTP pour la mise en oeuvre d’enduits en terre crue.

 WEISMANN et BRYCE. Building with cob. Totnes : éditions Green Book, 2006.

Mélanger la terre avec des fibres végétales et la monter pour construire des murs en terre sans coffrages. Toutes les étapes de la construction en bauge sont clairement présentées avec des exemples concrets de réalisations au Royaume Uni.

livre adapté pour les constructeurs. En langue anglaise.

Cob (en anglais) = bauge (en français) : mur monolithique porteur façonné composé de terre crue et de fibres naturelles.

 

  • Les ouvrages sur le patrimoine

GUILLAUD, GRAZ, CORREIRA, MECCA, MILETO, et al. Terra incognita ; découvrir une Europe des architectures de terre et Terra incognita ; préserver une Europe des architectures de terre. Argumentum ; Culture Lab Éditions, 2009.

En deux volets, le premier présente le patrimoine architectural en terre en Europe, son origine et sa diversité. Cet outil de compréhension du patrimoine européen au contenu riche se présente d’une lecture accessible et agréable.

Le deuxième volet propose des méthodes d’interventions  adaptées, schémas et conseils pratiques. 

Visiter le site internet de Terra Incognita pour voir les magnifiques photos d’architectures de terre en Europe : http://culture-terra-incognita.org/

Ce livre s’achète sur le site de l’école d’Avignon http://www.ecole-avignon.com/store/Livres/3241-TERRA-INCOGNITA

BARDEL, MAILLARD. Architecture de terre en Ille et Vilaine. Rennes : Éditions Apogée, écomusée du Pays de Rennes, 2002.

Réédité en 2009, ce livre traite de l’évolution de la culture constructive en bauge autour de Rennes. 

Un ouvrage de qualité composé de belles illustrations et axonométries dessinées pour un tour d’horizon assez complet du patrimoine en bauge en Ille et Vilaine.

 

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quenouilles stage Tiez Breiz

Stage technique terre en Bretagne

La terre crue est un matériau incontournable dans la bâti ancien en Bretagne. C’est un constituant des murs, des enduits ou encore du plancher. 

Je vous recommande les stages techniques pour la construction en terre crue de l’association Tiez Breiz :

  • Ouverture dans un mur en terre les 7 et 8 Avril 2017
  • Enduits terre les 24 et 25 Juin 2017

Pour plus d’infos, le programme complet de stages techniques est à consulter ici :

http://fr.calameo.com/read/0041108406363857f9952

 

construire en terre

quenouilles stage Tiez Breiz
plancher en quenouilles en cours de réalisation Stage Tiez Breiz 2015

 Pour les professionnels :

formation des professionnels du bâtiment

– Formations en maçonnerie restauration du patrimoine et éco construction : Eclics Eco construction locale et initiatives solidaires

Vous pouvez aussi prendre contact avec l’association nationale des professionnels de la terre crue dont le réseau dynamique de professionnels français pourra vous renseigner : http://www.asterre.org/formation

Utilisée comme liant, associé à des fibres végétales, la terre crue offre des qualités d’inertie et de régulation de l’humidité qui en font un matériau adapté à l’éco-restauration. Ce matériau extrait aux alentours du chantier est valorisé par les maçons dont le savoir faire est issu de la culture constructive locale.

 

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PROG_FORMATIONMO_2016-17-1-1

Formation patrimoine pour les pro

Pour information, l’association Tiez Breiz organise une nouvelle formation professionnelle sur le thème « Conduire un projet de réhabilitation durable du bâti ancien ».

Une formation sans cesse en évolution pour répondre aux besoins de connaissances des professionnels sur les spécificités du bâti ancien : perspirance des parois, amélioration thermique adaptée, système constructif avec des matériaux naturels…

Cette formation est dédiée aux professionnels : maitre d’ouvrages publics ou privés, techniciens communaux, architectes, maitres d’ouvrage, ingénieurs…

Elle est organisée en plusieurs thèmes pour répondre aux besoins de formation et permettent de diffuser l’expertise de l’association Tiez Breiz dans la transmission des savoir faire et la sauvegarde du patrimoine.

Voici le programme complet à télécharger ici : http://fr.calameo.com/read/004110840cac9032a99aa

PROG_FORMATIONMO_2016-17-1-1

 

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Test Carazas ENSAN 2016

Formation Terre crue ENSAN 2016

En 2016 à l’école nationale supérieur d’architecture de Nantes, un travail a été réalisé avec 30 étudiants de master 1 de l’école sur le thème de Matières à construire : Terre crue et fibres naturelles

Amélie Le Paih co-animé le programme sous la direction de Riccardo De Paoli, encadré par Bettina Horsch.

Test Carazas ENSAN 2016

Objectifs :
Cet enseignement propose une redécouverte de la terre (crue) dans l’architecture, représentant encore aujourd’hui un des matériaux de construction les plus répandus dans le monde. En exposant les qualités et les limites de la terre, ce module permet d’appréhender son utilisation dans le bâtiment ancien et contemporain, depuis les procédés de production jusqu’aux différentes techniques de mise en œuvre.

TEST terre ENSAN 2016
Contenu :
Les cours théoriques abordent la matière : sa composition et ses caractéristiques mécaniques, thermo-physiques et hygrométriques, ainsi que son impact environnemental.
Puis, la description des différentes techniques et cultures constructives permet de faire le point sur le patrimoine bâti en terre existant aujourd’hui en France et dans le monde. Les fibres naturelles, telles que la paille, sont souvent associées aux architectures en terre, mais elles restent marginales et méconnues. Quatre interventions de professionnels présentent l’utilisation de la terre crue dans l’architecture contemporaine et vernaculaire (1er et 15 mars) ainsi que des techniques et réalisations en paille (15 mars).
Huit séances de TD donnent l’occasion de manipuler et de transformer la matière première en matériau constructif à travers différents ateliers : les essais de terrain, la préparation des mélanges, la mise en œuvre des quatre techniques constructives (pisé, bauge, adobe et torchis) ainsi qu’un aperçu sur les enduits de terre.
Un Ouvrage Architecturale en Terre (OAT) ainsi qu’un dossier rédigé par groupe d’étudiants sera l’occasion de sublimer la créativité en utilisant les connaissances acquises pendant les cours théoriques et pratiques.

création des étudians ENSAN 2016Création des étuditans ENSAN 2016

CRéation des étudiants ENSAN 2016

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flyer-Cafe-archi-St-Brieuc-terre-structurelle12

La terre structurelle dans le bâtiment / café de l’architecture

L’atelier alp était présent le 5 Décembre 2015 à St Brieuc pour le café Archi sur le thème de la « terre structurelle dans le bâtiment » .

Amélie Le Paih a fait une présentation de la culture constructive en terre crue en Bretagne et l’agence Nunc présenterait un bâtiment contemporain exemplaire.

Les échanges ont été conclus par la démonstration d’un artisan local Eric Macé SARL Macé à Quessoy (22) et des essais sensoriels de terrain.

flyer Café archi St Brieuc terr e structurelle

pastille

Essais de terrain – vidéos

Les essais de terrain ont pour but d’examiner, d’appréhender une étende de terre d’après nos sensations.

Les vidéos des essais de terrain présentées ici sont dédiées à l’architecture de terre crue et permettent la compréhension des caractéristiques générales d’une terre d’un lieu.

Le contenu des vidéos a été synthétisé à partir d’enquêtes sur les pratiques existantes auprès de professionnels de la construction en terre crue complétée par une recherche bibliographique. Les essais de terrain présentés en vidéos se veulent généralistes afin d’interpréter une terre pour construire de façon sensorielle, ils ne sont pas spécifiques à une technique constructive particulière.

Je pense que ces vidéos permettent de comprendre la diversité des terres et de développer une connaissance sensorielle pour améliorer l’emploi du matériau terre.

pour visionner les vidéos sur you tube :

Ces vidéos ont été faites par l’atelier matières à construire (amàco) et le CRAterre ENSAG.

Amàco propose des ateliers créatifs expérimentaux dont le but est d’expérimenter la matière sur les cinq volets du projet : matière à comprendre, matière à transformer, matière à bâtir, matière à espace et matière à émouvoir.

Je vous recommande de visionner l’ensemble des vidéos mise en ligne par amàco à l’adresse suivante : http://vimeo.com/atelieramaco/videos

Pour plus d’informations sur amàco :http://www.amaco.org/

pignon Sud vitré sur mur en pisé

Construire en pisé : un exemple contemporain

J’ai envie de partager avec vous ce projet : La Villa, le centre d’interprétation du patrimoine archéologique de Dehlingen en Alsace que j’ai eu la chance de visiter lors des assises nationales de la construction en terre à Strasbourg en Octobre 2014.

Louis Piccon, architecte et enseignant a conçu ce projet avec son agence Nunc Architecture et nous l’a présenté sur place puis à l’occasion d’une conférence à l’ENSA Strasbourg.

Voici une conférence de Louis Picon à propos de ce bâtiment : https://vimeo.com/176280226

Ce bâtiment BBC fait dialoguer un logis du 17e siècle et une extension contemporaine en pisé, technique de construction en terre.

J’admire le pignon Sud : la paroi vitrée située devant le mur en pisé permet de capter l’énergie gratuite du soleil qui est ensuite distribuée à l’ensemble du bâtiment.

Sur la couverture une ossature en bois permet de dissimuler les éléments techniques pour offrir une cohérence volumétrique et s’intégrer harmonieusement à la skyline du village.

Je vous recommande de passer visiter ce bâtiment à Dehlinger autant pour l’intérêt de l’exposition présentée que pour voir cette construction en pisé mêlant patrimoine et architecture contemporaine en terre.

Ce projet e reçu le prix des internautes pour l’équerre d’argent. (et c’est bien mérité!)

Pour plus de photos du projet : http://www.nunc.fr/centre-d-interpretation-du-patrimoine-archeologique-de-Dehlingen-67-169.html

Pour des informations sur le centre d’interprétation de Dehlinger : http://www.cc-alsace-bossue.net/html/index.php?page=1&menu1=20&menu2=25&menu3=379

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matériau terre

4 raisons de construire en terre

« Choisir la terre crue pour construire c’est choisir un technique ancestrale répondant aux enjeux économiques et environnementaux contemporains. »¹

1. La terre crue apporte un bon confort thermique

Le matériau terre fait partie de la famille des bétons : c’est un matériau de construction composite fabriqué à partir de granulats (cailloux, sables, silts) agglomérés par un liant : l’argile.
Ses propriétés d’inertie thermique permettent d’apporter un bon confort en limitant les surchauffes d’été et en gardant la chaleur l’hiver. Ce matériau perspirant possède une capacité de régulation de l’hygrothermie en particulier grâce à sa forte capacité d’absorption de l’humidité.

matériau terre

2. La terre crue est réellement respectueuse de l’environnement

Le matériau terre est une ressource renouvelable et locale, le bilan carbone de son cycle de vie est excellent (peu de transport, pas de transformation par cuisson, facile à recycler). Ce bilan est bien meilleur que les matériaux tels que la chaux ou le ciment.
Sans produits chimiques, sans composés organiques volatils, la terre est non irritante lors de sa mise en œuvre et au cours de son cycle de vie.

3. La terre crue est meilleure pour la santé

Les qualités techniques de la terre crue sont appréciées dans la recherche actuelle d’un habitat sain pour leurs occupants et de la mise en oeuvre de matériaux respectueux de la santé des compagnons, artisans et autres personnels des entreprises. De plus le matériau terre s’appuie sur une filière économique locale lors de tout son cycle de vie.

4. L’architecture de terre crue est contemporaine

En redécouvrant et en utilisant les savoirs de notre région, nous nous apercevons que ce sont des sources d’inspiration pour répondre aux enjeux actuels dans le domaine de la construction durable contemporaine.

Il est temps changer notre regard sur l’architecture en terre, qui économise les ressources naturelles, soutiens la diversité culturelle, participe au maintien d’une économie locale et qui permet de valoriser les savoirs et les savoir-faire du territoire régional, compris ici en tant que véritables ressources.

Actuellement de plus en plus d’architectes décident d’employer ce matériau pour réaliser des ouvrages contemporains.

 

Manifeste pour le droit de construire en terre crue

¹ Extrait du document de présentation des 5ème Assises Nationales de la construction en terre crue, télécharger le document sur http://www.asterre.org/

rénover et entretenir en bauge

Restaurer le patrimoine en terre : les bonnes pratiques

Sur internet on trouve tout… et son contraire et c’est parfois difficile de faire le tri.

J’ai sélectionné deux bons guides sur les édifices en terre téléchargeables gratuitement.

Ces guides de bonnes pratiques vous permettront de mieux comprendre les édifices en terre et vous y trouverez des solutions techniques pour les entretenir et les réhabiliter!

1. Rénover et construire en pisé

« Rénover et construire en pisé » permet de comprendre les principes de l’architecture de terre et la technique particulière du pisé.

Ce livret présente les techniques traditionnelles et des évolutions des systèmes constructifs, ainsi qu’une analyse très intéressante de la question de l’isolation des murs en terre crue.

Ce guide a été écrit à partir de références du parc naturel régional du Livradois-Forez en Auvergne et avec les professionnels de la construction terre.

Téléchargez-le gratuitement sur le site internet du parc naturel régional du Livradois-Forez : http://www.pise-livradois-forez.org/spip.php?article50#

rénover et construire en pisé
extrait de rénover et construire en pisé : les échanges d’eau
extrait de rénover et construire en pisé : isoler les murs en terre?

2. Restaurer son bâti en terre

Vous trouverez dans ce guide des conseils pratiques pour diagnostiquer, entretenir et améliorer votre bâti en terre crue et plus particulièrement en bauge.

Ce guide a été écrit à partir de références du parc naturel régional du marais du Cotentin et du Bessin en Normandie et avec les professionnels de la construction terre.

Téléchargez-le gratuitement sur le site internet du parc naturel régional du marais du Cotentin et du Bessin : http://www.parc-cotentin-bessin.fr/files/ged/54-restaurer72dpi.pdf

rénover et entretenir en bauge
extrait de Restaurer son bâti en terre : reboucher un creux

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Exemple n°4 : Bâti agricole en bauge à Melesse

10 exemples de construction en terre en Bretagne

Grange en bauge dans le bourg de St Sulpice la Forêt
Grange en bauge dans le bourg de St Sulpice la Forêt

En Bretagne l’architecture en terre est magnifique, voici quelques exemples que j’ai sélectionne parmi tant d’autres.

 Maison d'artisan en bauge à Gevezé
Maison d’artisan en bauge à Gevezé
détail de Maison en bauge à Gevezé
détail de Maison en bauge à Gevezé
Restauration d'un four en terre au Mont Dol
Restauration d’un four en terre au Mont Dol
 détail d'une ferme en bauge restaurée
détail d’une ferme en bauge restaurée
détail de bauge contemporaine à Rennes
détail de bauge contemporaine à Rennes
Détail de pisé
Détail de pisé
Bâti agricole en bauge à Melesse
Bâti agricole en bauge à Melesse
Bâti rural en bauge à Melesse
Bâti rural en bauge à Melesse
 extension de maison en bauge à Dingé
extension de maison en bauge à Dingé
 Bauge contemporaine à Rennes
Bauge contemporaine à Rennes
lotissement HLM en pisé à Romillé
lotissement HLM en pisé à Romillé
 Ferme en bauge à Saint Grégoire
Ferme en bauge à Saint Grégoire
Ferme restaurée à Romillé

 

Maison d’artisan à Gevezé

 

final décoffrage 05

Construire des murs en terre : la technique de la bauge coffrée

La bauge est un système de construction monolithique en terre crue empilée. La terre est dans un état plastique, généralement mélangée à des fibres végétales. Les surfaces verticales sont dressées par découpe après un court temps de séchage, alors que le matériau n’est pas trop dur. (1) Cette technique est nommée cob en anglais.

La bauge coffrée est donc une technique alternative à la bauge traditionnelle puisque les surfaces verticales ne sont pas obtenues par découpe mais par coffrage.

La masse volumique de la bauge est compris entre 1400 et 1700kg/m3 et sa résistance varie entre 0,6 et 1,3 N/mm² (2)

– Préparation

On utilise une terre locale argileuse à la granulométrie fine (pas de cailloux, peu de graviers). La terre est stockée à l’air libre ou bâchée pour obtenir la teneur en eau idéale. On doit pouvoir modeler une boule dans la main sans qu’elle ne colle aux doigts, c’est l’état « plastique ».

Si la terre est trop sèche il faut la mouiller à l’avance. Si elle trop humide, il faut la laisser sécher.

– Mélange

On disperse de la paille d’orge sur le sol de manière homogène et sans paquet.

On recouvre la paille de terre foisonnée (en vrac) sur une épaisseur de 10 à 15cm. Il faut répartir la terre de façon homogène sur une surface plane de plusieurs m². Lorsque la couche est suffisamment étendue, on disperse à nouveau de la paille de façon homogène.

Puis on foule au pied la couche paille/terre/paille afin de lui donner une cohésion suffisante pour être découpée en caillebotis.

« Cette technique s’appelle le « caillebotis ». Ce fut une évolution de la bauge dans le bassin de Rennes à la fin XVIIIème siècle. Elle avait l’avantage d’économiser la coupe du parement. Il n’était pas nécessaire de bancher. Bien que les banches dans ce cas présent facilitent la mise en œuvre. » L. Coquemont

– Mise en œuvre

Les banches sont installées pour recevoir les caillebotis, on tasse avec le pied de l’extérieur vers l’intérieur afin d’améliorer la cohésion entre les caillebotis. Les banches permettent de contrôler facilement la verticalité du mur.

Les caillebotis sont disposés selon un appareillage en arête-de-poisson (ou Opus piscatum) afin de contrôler et limiter les fissurations.

Lorsqu’une levée de terre est complète, soit une hauteur de 60 à 80cm, on décoffre. Et ça tiens !

 

Lorsque le maçon aura jugé la terre suffisamment sèche, la levée suivante pourra être montée ou la charpente posée.

Il existe une corrélation entre la teneur en eau de la terre et sa résistance à la compression(2), si la terre pourra supporter la levée suivante assez rapidement, il est nécessaire d’attendre plus de séchage avant de lui faire supporter des charges lourdes.

Il faudra plusieurs semaines pour obtenir un séchage complet, le temps est variable selon les conditions climatiques.

Illustration réalisé par Julia Perwuelz

Les Avantages de cette technique :

  • pas besoin d’enduire
  • bon confort thermique
  • peu d’énergie dépensée tout au long du cycle de vie du matériau
  • matériau sain
  • qualité esthétique
  • facilité de mise en œuvre en chantier participatif
  • mise en valeur de la culture constructive locale
  • développement de l’économie locale
  • optimisation des ressources locales

Les inconvénients (ou autres avantages?):

  • chantier rythmé par les saisons
  • nécessité de s’appuyer sur des savoir-faire locaux

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bauge

(2) ROHLEN et ZIEGERT, Construire en terre crue, éditions le Moniteur, Paris, 2013

Cette technique de bauge coffrée est développée par Ghislain Maetz, installé à St Germain sur Ille (35), vous pouvez le contacter par internet  http://artisanterrecrue.fr/

Le chantier participatif et la conception du projet sont dirigés par Ghislain Maetz.

Les photos proviennent du chantier de la Motte aux anglais à Dingé : http://lamotteauxanglais.blogspot.fr/2012/09/bienvenue.html

 
Merci à tous les participants du chantier participatif età Elizabeth et Franck pour leur très bon accueil.

conduit de cheminée en terre crue

Les astuces de la maison en bauge bretonne

Ces éléments techniques issue de l’habitat vernaculaire breton sont source d’inspiration pour la construction bioclimatique contemporaine locale.

– La maçonnerie en terre crue


La maçonnerie en bauge est structurelle : elle supporte les charges des planchers et de la toiture. La mise en œuvre est simple, la bauge est façonnée sans coffrage.
Le soubassement maçonné composé de blocs de pierre assemblées au mortier de terre est appelé solin. Il protège la bauge des remontées d’eau du sous sol par capillarité et de l’eau de ruissellement.

grange en bauge du 17ème siècle – Melesse – Ille et Vilaine

Les murs en bauge sont épais, 50 à 80cm. La grande inertie thermique et la capacité de régulation de l’humidité de ces grands volumes de terre crue permettent un bon confort thermique.

– L’assemblage du bois dans les murs en terre


La mise en œuvre de la bauge nécessite d’être associée à des ouvrages en bois. Le maçon et le charpentier travaillent ensemble, on observe souvent des détails d’assemblages terre/bois de qualité.
Une frise en bois est utilisée pour répartir les charges ponctuelle de compression et ainsi d’éviter les fissures de la maçonnerie au droit des poutres ou des fermes.

– Les conduits de cheminée en terre crue

Le conduit de cheminée est directement façonné sur le manteau et les corbeaux. Il est adossé au pignon ou au mur de refend.
L’inertie thermique de la terre lui permet de stocker la chaleur et de la restituer lentement.

conduit de cheminée en terre crue

– Les ouvertures en double carré en bois

extrait de la revue annuelle de l’association Tiez Breiz

La double carrée en bois supporte les menuiseries, sert de linteau et permet de protéger de l’abrasion les angles saillants de la maçonnerie de terre. Le bois de chêne utilisé pour ces pièces est connu pour sa longévité.

double carrée en chêne

Les doubles carrés sont posées avant le mise en œuvre de la bauge et les levées successives viennent ensuite les enserrer et les maintenir.

– L’implantation de la maison est adaptée au climat et au paysage

On observe des implantations souvent judicieuses. La façade principale, plate et sans décroché est largement frappée par le soleil l’hiver, permettant ainsi au mur en terre de stocker la chaleur solaire.
Les pignons aveugles supportent les conduits de cheminées. La façade arrière au Nord comporte peu d’ouverture, elle est souvent couverte par un appentis la protégeant. Dans certaines maisons, les gerbières du grenier servaient à stocker la paille sur le plancher du dernier niveau. Cette disposition a pu permettre d’améliorer l’isolation thermique en partie haute.
La terre crue utilisée pour la construction est extraite à proximité du chantier. Le site d’extraction tire partie des possibilités locales en créant des chemins creux, une mare, en creusant une cour.

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terre à construir

La terre crue pour la construction

D’où provient le matériau terre crue pour la construction ?

A la surface du sol, la terre est un matériau meuble qui provient de la dégradation de la roche située un peu plus en profondeur.

La matière située directement sous nos pieds, la première couche supportant les végétaux est appelée horizon A. Elle est composé d’un mélange de matière organique (humus, racine…) et minérale. La terre crue utilisée pour la construction est située sous cette première couche.

L’épaisseur de la terre crue utilisée pour construire peut varier de quelques centimètres à plusieurs dizaines de centimètres dans nos régions et même jusqu’à plusieurs mètres en climat tropical.

Les caractéristiques de la terre sont très variables car celles-ci proviennent du processus d’altération lié à l’histoire géologique d’un lieu, son climat, sa végétation et de sa topographie. La terre crue est donc un matériau d’une grande diversité.

Par exemple, le bassin de Rennes est composé d’un sol de schistes briovériens issus de roches sédimentaires, très altérées, ces schistes génèrent des sols argileux à la granulométrie fine, propices à la construction en terre. Tout fois, si la terre est généralement argilo-silteuse dans cette zone, chaque lieu d’extraction présente des caractéristiques particulières.

La terre est un matériau stable dans le temps. Le bois s’altère, le métal rouille, le ciment et la pierre sont attaqués chimiquement. La terre est différente c’est un matériau provenant de la « roche pourrie »¹, qui ne pourra pas s’altérer davantage, même le feu la renforce pour former de la terre cuite. Correctement protégée de l’eau, la durabilité de la terre est donc exceptionnelle.

La terre utilisée pour la construction est extraite puis employée telle quelle, sans transformation chimique, ni cuisson. Elle pourra donc à la fin de son cycle de vie être réutilisée pour un autre bâtiment ou retourner au sol dont elle provient.

La terre crue est donc le matériau le plus recyclable que vous pourrez trouver pour construire !


¹ ANGER, FONTAINE, et al. Bâtir en terre, du grain de sable à l’architecture. Paris: éditions Belin, 2009.

DCF 1.0

L’inertie des murs en terre crue

La terre crue est un matériau à forte inertie thermique.
L’inertie thermique d’un bâtiment est sa capacité à stocker puis, à restituer la chaleur de manière diffuse. C’est-à-dire à résister aux variations thermiques extérieures, alternances de périodes chaudes et froides sur des rythmes courts (entre le jour et le nuit) et sur des périodes longues (rythmes saisonniers).

illustration Alain Mantchev

Quand l’inertie d’un bâtiment est forte, il se réchauffe et se refroidit lentement.
Lors des périodes de surchauffe (comme en été), l’inertie du bâtiment est une source de confort en permettant de maintenir des températures fraîches à l’intérieur. Pour cela, il faut protéger du rayonnement directe et ventiler la nuit les parois. On bénéficie alors d’une réserve de fraîcheur pour les heures ensoleillées.
De la même manière, l’énergie du chauffage en hiver ou des apports solaires sont emmagasinés dans les murs. Cette particularité est exploitée par les poêles de masse.

Les données de l’inertie thermique

Les propriétés nécessaires à l’inertie thermique sont la masse et la capacité thermique. L’inertie thermique s’exprime en wattheure par mettre carré Kelvin Wh/m².K

L’inertie thermique d’une paroi se calcule par l’addition de l’inertie de ces composants. I=(ρC matériau 1 x épaisseur du matériau 1)+(ρC matériau 2 x épaisseur du matériau 2)+(…)

Tableau de comparaison des performances d’inertie thermique d’une paroi de 20cm d’épaisseur

Type de matériau ρ Masse volumique du matériau en Capacité thermique ρC Épaisseur de la paroi Inertie de la paroi
Unité kg/m³ Wh/m³.K m Wh/m².K
Mur en terre crue monolithique 1770 / 1900 785 0.20 I = 157
Mur en brique de terre cuite creuse 650 / 800 202 0.20 I= 40.4
Parpaing de ciment 850 / 950 250 0.20 I= 50

Données : OLIVA, COURGEY, La conception bioclimatique, Editions Terre Vivante, 2006.
D’après ces données, les performances de la terre crue en inertie thermique sont 3 fois supérieur à celle d’un mur en brique creuse ou d’un mur en parpaing de ciment.
Ses capacités thermiques se rapprochent d’autres matériaux monolithiques tel que le béton de ciment. La valeur d’inertie est très proche voire supérieure pour le béton de ciment, car il possède des constituants très semblables mais plus dense.
La terre crue est donc l’un des matériaux qui procure le plus de confort thermique par inertie!

extrait du guide "prévention et lutte contre les mérules dans l'habitat" édité par l'ANAH.

Comprendre et éviter les dégats causés par les champignons et les mérules

Dans le langage courant, nous avons tendance à appeler mérule tous les champignons s’attaquant à nos habitats mais tous les champignons ne sont pas des mérules. Mérule est le nom d’un champignon du genre Serpula nommé Serpula lacrymans (1).

extrait du guide « prévention et lutte contre les mérules dans l’habitat » édité par l’ANAH.

Les mérules sont les champignons les plus dangereux car ils proviennent des endroits humides mais ne s’y cantonnent pas et utilisent leurs mycéliums pour transporter l’eau vers d’autres zones moins favorables et y proliférer.

Extrait du guide « Prévention et lutte contre les mérules dans l’habitat » édité par l’ANAH
Pourquoi la mérule et les champignons s’attaquent à nos habitats?

La dégradation des structures en bois par les champignons et les mérules intervient lorsque l’ambiance est humide et tempérée.

Les processus de dégradation dûs à la mérule et aux champignons ne sont pas des fatalités biologiques ou climatiques mais des processus liés à l’évolution des modes de vie et aux techniques de réhabilitation qui ont conduit à l’augmentation de l’humidité dans les logements sans amélioration suffisante de la ventilation. (2)

Depuis 1920 et le mouvement hygiéniste, l’envie (légitime) de confort et de propreté nous a poussé à installer des salles de bains et des toilettes dans des immeubles et des maisons qui jusqu’alors en étaient dépourvus.

A la recherche d’une ambiance confortable, nous avons doublé les murs et installé des fenêtres à double vitrage.

Nous avons donc contribué à beaucoup augmenter l’humidité et sa stagnation dans nos habitats.

Or la mérule et les champignons s’attaquent de préférence aux bois tendres dans les ambiances humides.

exemple dans une salle de bain : doublages cachant les dégâts et participant à la stagnation de l’humidité dans les murs
exemple dans cette même salle de bain : la stagnation d’humidité derrière la baignoire à permis au champignon d’attaquer la paroi en bois

 Que faire pour éviter et se protéger de la mérule et des champignons?

– éviter la stagnation d’humidité et la condensation dans les murs et les planchers

– installer une ventilation naturelle ou mécanique efficace et bien entretenue

Les détails techniques adaptés à votre cas sont à voir dans le guide Prévention et lutte contre les mérules dans l’habitat

 

Quels sont les traitements curatifs?

Les champignons sont présents à l’état latent. Ils se développent lorsque les conditions sont favorables.

Les injections de produits fongicides stoppent provisoirement le développement des champignons et des mérules.

Si la cause de l’excès d’humidité n’est pas traitée, les champignons feront leur (ré)apparition après quelques années.

 

L’utilisation de produits de traitement biocides présente des risques pour la santé des utilisateurs et des occupants des lieux traités.

 

Le traitement durable consiste à supprimer l’excès d’humidité et assainir la zone en retirant et brûlant les bois déjà attaqués.

Pour aller plus loin : télécharger gratuitement les documents sources de cet article :

(1) Wikipédia : Mérule pleureuse

 

 

(2) BONNETTI, HENNO, SALAGNAC, Problématique d’analyse générative des processus écologiques et socio-techniques : le développement du champignon de la mérule organisateur social de la dégradation des immeubles à structure bois, laboratoire de sociologie urbaine générative, CSTB, Avril 2007

 

(3) Prévention et lutte contre les mérules dans l’habitat, Ministère du logement, Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat ANAH, centre expérimental de recherches et d’études du bâtiment et des travaux publics CEBTP, Institut technologique FCBA, Décembre 2007.