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matériau terre

4 raisons de construire en terre

« Choisir la terre crue pour construire c’est choisir un technique ancestrale répondant aux enjeux économiques et environnementaux contemporains. »¹

1. La terre crue apporte un bon confort thermique

Le matériau terre fait partie de la famille des bétons : c’est un matériau de construction composite fabriqué à partir de granulats (cailloux, sables, silts) agglomérés par un liant : l’argile.
Ses propriétés d’inertie thermique permettent d’apporter un bon confort en limitant les surchauffes d’été et en gardant la chaleur l’hiver. Ce matériau perspirant possède une capacité de régulation de l’hygrothermie en particulier grâce à sa forte capacité d’absorption de l’humidité.

matériau terre

2. La terre crue est réellement respectueuse de l’environnement

Le matériau terre est une ressource renouvelable et locale, le bilan carbone de son cycle de vie est excellent (peu de transport, pas de transformation par cuisson, facile à recycler). Ce bilan est bien meilleur que les matériaux tels que la chaux ou le ciment.
Sans produits chimiques, sans composés organiques volatils, la terre est non irritante lors de sa mise en œuvre et au cours de son cycle de vie.

3. La terre crue est meilleure pour la santé

Les qualités techniques de la terre crue sont appréciées dans la recherche actuelle d’un habitat sain pour leurs occupants et de la mise en oeuvre de matériaux respectueux de la santé des compagnons, artisans et autres personnels des entreprises. De plus le matériau terre s’appuie sur une filière économique locale lors de tout son cycle de vie.

4. L’architecture de terre crue est contemporaine

En redécouvrant et en utilisant les savoirs de notre région, nous nous apercevons que ce sont des sources d’inspiration pour répondre aux enjeux actuels dans le domaine de la construction durable contemporaine.

Il est temps changer notre regard sur l’architecture en terre, qui économise les ressources naturelles, soutiens la diversité culturelle, participe au maintien d’une économie locale et qui permet de valoriser les savoirs et les savoir-faire du territoire régional, compris ici en tant que véritables ressources.

Actuellement de plus en plus d’architectes décident d’employer ce matériau pour réaliser des ouvrages contemporains.

 

Manifeste pour le droit de construire en terre crue

¹ Extrait du document de présentation des 5ème Assises Nationales de la construction en terre crue, télécharger le document sur http://www.asterre.org/

rénover et entretenir en bauge

Restaurer le patrimoine en terre : les bonnes pratiques

Sur internet on trouve tout… et son contraire et c’est parfois difficile de faire le tri.

J’ai sélectionné deux bons guides sur les édifices en terre téléchargeables gratuitement.

Ces guides de bonnes pratiques vous permettront de mieux comprendre les édifices en terre et vous y trouverez des solutions techniques pour les entretenir et les réhabiliter!

1. Rénover et construire en pisé

« Rénover et construire en pisé » permet de comprendre les principes de l’architecture de terre et la technique particulière du pisé.

Ce livret présente les techniques traditionnelles et des évolutions des systèmes constructifs, ainsi qu’une analyse très intéressante de la question de l’isolation des murs en terre crue.

Ce guide a été écrit à partir de références du parc naturel régional du Livradois-Forez en Auvergne et avec les professionnels de la construction terre.

Téléchargez-le gratuitement sur le site internet du parc naturel régional du Livradois-Forez : http://www.pise-livradois-forez.org/spip.php?article50#

rénover et construire en pisé
extrait de rénover et construire en pisé : les échanges d’eau
extrait de rénover et construire en pisé : isoler les murs en terre?

2. Restaurer son bâti en terre

Vous trouverez dans ce guide des conseils pratiques pour diagnostiquer, entretenir et améliorer votre bâti en terre crue et plus particulièrement en bauge.

Ce guide a été écrit à partir de références du parc naturel régional du marais du Cotentin et du Bessin en Normandie et avec les professionnels de la construction terre.

Téléchargez-le gratuitement sur le site internet du parc naturel régional du marais du Cotentin et du Bessin : http://www.parc-cotentin-bessin.fr/files/ged/54-restaurer72dpi.pdf

rénover et entretenir en bauge
extrait de Restaurer son bâti en terre : reboucher un creux

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final décoffrage 05

Construire des murs en terre : la technique de la bauge coffrée

La bauge est un système de construction monolithique en terre crue empilée. La terre est dans un état plastique, généralement mélangée à des fibres végétales. Les surfaces verticales sont dressées par découpe après un court temps de séchage, alors que le matériau n’est pas trop dur. (1) Cette technique est nommée cob en anglais.

La bauge coffrée est donc une technique alternative à la bauge traditionnelle puisque les surfaces verticales ne sont pas obtenues par découpe mais par coffrage.

La masse volumique de la bauge est compris entre 1400 et 1700kg/m3 et sa résistance varie entre 0,6 et 1,3 N/mm² (2)

– Préparation

On utilise une terre locale argileuse à la granulométrie fine (pas de cailloux, peu de graviers). La terre est stockée à l’air libre ou bâchée pour obtenir la teneur en eau idéale. On doit pouvoir modeler une boule dans la main sans qu’elle ne colle aux doigts, c’est l’état « plastique ».

Si la terre est trop sèche il faut la mouiller à l’avance. Si elle trop humide, il faut la laisser sécher.

– Mélange

On disperse de la paille d’orge sur le sol de manière homogène et sans paquet.

On recouvre la paille de terre foisonnée (en vrac) sur une épaisseur de 10 à 15cm. Il faut répartir la terre de façon homogène sur une surface plane de plusieurs m². Lorsque la couche est suffisamment étendue, on disperse à nouveau de la paille de façon homogène.

Puis on foule au pied la couche paille/terre/paille afin de lui donner une cohésion suffisante pour être découpée en caillebotis.

« Cette technique s’appelle le « caillebotis ». Ce fut une évolution de la bauge dans le bassin de Rennes à la fin XVIIIème siècle. Elle avait l’avantage d’économiser la coupe du parement. Il n’était pas nécessaire de bancher. Bien que les banches dans ce cas présent facilitent la mise en œuvre. » L. Coquemont

– Mise en œuvre

Les banches sont installées pour recevoir les caillebotis, on tasse avec le pied de l’extérieur vers l’intérieur afin d’améliorer la cohésion entre les caillebotis. Les banches permettent de contrôler facilement la verticalité du mur.

Les caillebotis sont disposés selon un appareillage en arête-de-poisson (ou Opus piscatum) afin de contrôler et limiter les fissurations.

Lorsqu’une levée de terre est complète, soit une hauteur de 60 à 80cm, on décoffre. Et ça tiens !

 

Lorsque le maçon aura jugé la terre suffisamment sèche, la levée suivante pourra être montée ou la charpente posée.

Il existe une corrélation entre la teneur en eau de la terre et sa résistance à la compression(2), si la terre pourra supporter la levée suivante assez rapidement, il est nécessaire d’attendre plus de séchage avant de lui faire supporter des charges lourdes.

Il faudra plusieurs semaines pour obtenir un séchage complet, le temps est variable selon les conditions climatiques.

Illustration réalisé par Julia Perwuelz

Les Avantages de cette technique :

  • pas besoin d’enduire
  • bon confort thermique
  • peu d’énergie dépensée tout au long du cycle de vie du matériau
  • matériau sain
  • qualité esthétique
  • facilité de mise en œuvre en chantier participatif
  • mise en valeur de la culture constructive locale
  • développement de l’économie locale
  • optimisation des ressources locales

Les inconvénients (ou autres avantages?):

  • chantier rythmé par les saisons
  • nécessité de s’appuyer sur des savoir-faire locaux

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bauge

(2) ROHLEN et ZIEGERT, Construire en terre crue, éditions le Moniteur, Paris, 2013

Cette technique de bauge coffrée est développée par Ghislain Maetz, installé à St Germain sur Ille (35), vous pouvez le contacter par internet  http://artisanterrecrue.fr/

Le chantier participatif et la conception du projet sont dirigés par Ghislain Maetz.

Les photos proviennent du chantier de la Motte aux anglais à Dingé : http://lamotteauxanglais.blogspot.fr/2012/09/bienvenue.html

 
Merci à tous les participants du chantier participatif età Elizabeth et Franck pour leur très bon accueil.

mise en oeuvre enduit terre

Centre ancien de Rennes

La construction et l’entretien des immeubles anciens en pans de bois et torchis s’appuient sur l’utilisation de matériaux locaux mise en œuvre par des personnes aux savoir-faire de qualité. Utilisant au mieux la complémentarité de la terre crue, du bois et des fibres naturelles végétales, ces constructions démontrent des qualités très intéressantes d’un point de vue thermique, structurel et esthétique.

Loin de l’obsolescence programmée, les édifices bien entretenus offre une durabilité exceptionnelle et une beauté source de fierté.

Il s’agit de proposer la technique de remplissage en terre chanvre pour réparer respectueusement les bâtiments anciens tout en proposant une méthode de mise en œuvre contemporaine.

Dans mon Mémoire « l’utilisation du matériau terre pour l’entretien des immeubles à pans de bois de la ville de Rennes », réalisé pour le DSA Architecture en terre du CRAterre-ENSAG, vous trouverez la présentation de la technique de réparation en terre chanvre et son utilisation sur les chantiers de réhabilitation .

Fait de bois, de fibres végétales, de terre crue et de pierre, les qualités des édifices en torchis du centre ancien de Rennes sont des exemples pour l’éco-construction!

Vous pouvez télécharger gratuitement :Mémoire DSA Terre A LE PAIH Mémoire A LE PAIH

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DSC01545

Conception d’une maison en torchis

Au bord de mer, dans la forêt tropicale atlantique, sur la côte de l’Etat de São Paulo au Brésil, cette maison s’intègre à son environnement en utilisant les matériaux naturels : les remplissage en terre crue, la structure en bois d’eucalyptus.

Ce projet a été réalisé à l’agence d’architecture d’Alain Briatte Mantchev.

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