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Exemple n°4 : Bâti agricole en bauge à Melesse

10 exemples de construction en terre en Bretagne

Grange en bauge dans le bourg de St Sulpice la Forêt
Grange en bauge dans le bourg de St Sulpice la Forêt

En Bretagne l’architecture en terre est magnifique, voici quelques exemples que j’ai sélectionne parmi tant d’autres.

 Maison d'artisan en bauge à Gevezé
Maison d’artisan en bauge à Gevezé
détail de Maison en bauge à Gevezé
détail de Maison en bauge à Gevezé
Restauration d'un four en terre au Mont Dol
Restauration d’un four en terre au Mont Dol
 détail d'une ferme en bauge restaurée
détail d’une ferme en bauge restaurée
détail de bauge contemporaine à Rennes
détail de bauge contemporaine à Rennes
Détail de pisé
Détail de pisé
Bâti agricole en bauge à Melesse
Bâti agricole en bauge à Melesse
Bâti rural en bauge à Melesse
Bâti rural en bauge à Melesse
 extension de maison en bauge à Dingé
extension de maison en bauge à Dingé
 Bauge contemporaine à Rennes
Bauge contemporaine à Rennes
lotissement HLM en pisé à Romillé
lotissement HLM en pisé à Romillé
 Ferme en bauge à Saint Grégoire
Ferme en bauge à Saint Grégoire
Ferme restaurée à Romillé

 

Maison d’artisan à Gevezé

 

final décoffrage 05

Construire des murs en terre : la technique de la bauge coffrée

La bauge est un système de construction monolithique en terre crue empilée. La terre est dans un état plastique, généralement mélangée à des fibres végétales. Les surfaces verticales sont dressées par découpe après un court temps de séchage, alors que le matériau n’est pas trop dur. (1) Cette technique est nommée cob en anglais.

La bauge coffrée est donc une technique alternative à la bauge traditionnelle puisque les surfaces verticales ne sont pas obtenues par découpe mais par coffrage.

La masse volumique de la bauge est compris entre 1400 et 1700kg/m3 et sa résistance varie entre 0,6 et 1,3 N/mm² (2)

– Préparation

On utilise une terre locale argileuse à la granulométrie fine (pas de cailloux, peu de graviers). La terre est stockée à l’air libre ou bâchée pour obtenir la teneur en eau idéale. On doit pouvoir modeler une boule dans la main sans qu’elle ne colle aux doigts, c’est l’état « plastique ».

Si la terre est trop sèche il faut la mouiller à l’avance. Si elle trop humide, il faut la laisser sécher.

– Mélange

On disperse de la paille d’orge sur le sol de manière homogène et sans paquet.

On recouvre la paille de terre foisonnée (en vrac) sur une épaisseur de 10 à 15cm. Il faut répartir la terre de façon homogène sur une surface plane de plusieurs m². Lorsque la couche est suffisamment étendue, on disperse à nouveau de la paille de façon homogène.

Puis on foule au pied la couche paille/terre/paille afin de lui donner une cohésion suffisante pour être découpée en caillebotis.

« Cette technique s’appelle le « caillebotis ». Ce fut une évolution de la bauge dans le bassin de Rennes à la fin XVIIIème siècle. Elle avait l’avantage d’économiser la coupe du parement. Il n’était pas nécessaire de bancher. Bien que les banches dans ce cas présent facilitent la mise en œuvre. » L. Coquemont

– Mise en œuvre

Les banches sont installées pour recevoir les caillebotis, on tasse avec le pied de l’extérieur vers l’intérieur afin d’améliorer la cohésion entre les caillebotis. Les banches permettent de contrôler facilement la verticalité du mur.

Les caillebotis sont disposés selon un appareillage en arête-de-poisson (ou Opus piscatum) afin de contrôler et limiter les fissurations.

Lorsqu’une levée de terre est complète, soit une hauteur de 60 à 80cm, on décoffre. Et ça tiens !

 

Lorsque le maçon aura jugé la terre suffisamment sèche, la levée suivante pourra être montée ou la charpente posée.

Il existe une corrélation entre la teneur en eau de la terre et sa résistance à la compression(2), si la terre pourra supporter la levée suivante assez rapidement, il est nécessaire d’attendre plus de séchage avant de lui faire supporter des charges lourdes.

Il faudra plusieurs semaines pour obtenir un séchage complet, le temps est variable selon les conditions climatiques.

Illustration réalisé par Julia Perwuelz

Les Avantages de cette technique :

  • pas besoin d’enduire
  • bon confort thermique
  • peu d’énergie dépensée tout au long du cycle de vie du matériau
  • matériau sain
  • qualité esthétique
  • facilité de mise en œuvre en chantier participatif
  • mise en valeur de la culture constructive locale
  • développement de l’économie locale
  • optimisation des ressources locales

Les inconvénients (ou autres avantages?):

  • chantier rythmé par les saisons
  • nécessité de s’appuyer sur des savoir-faire locaux

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bauge

(2) ROHLEN et ZIEGERT, Construire en terre crue, éditions le Moniteur, Paris, 2013

Cette technique de bauge coffrée est développée par Ghislain Maetz, installé à St Germain sur Ille (35), vous pouvez le contacter par internet  http://artisanterrecrue.fr/

Le chantier participatif et la conception du projet sont dirigés par Ghislain Maetz.

Les photos proviennent du chantier de la Motte aux anglais à Dingé : http://lamotteauxanglais.blogspot.fr/2012/09/bienvenue.html

 
Merci à tous les participants du chantier participatif età Elizabeth et Franck pour leur très bon accueil.

conduit de cheminée en terre crue

Les astuces de la maison en bauge bretonne

Ces éléments techniques issue de l’habitat vernaculaire breton sont source d’inspiration pour la construction bioclimatique contemporaine locale.

– La maçonnerie en terre crue


La maçonnerie en bauge est structurelle : elle supporte les charges des planchers et de la toiture. La mise en œuvre est simple, la bauge est façonnée sans coffrage.
Le soubassement maçonné composé de blocs de pierre assemblées au mortier de terre est appelé solin. Il protège la bauge des remontées d’eau du sous sol par capillarité et de l’eau de ruissellement.

grange en bauge du 17ème siècle – Melesse – Ille et Vilaine

Les murs en bauge sont épais, 50 à 80cm. La grande inertie thermique et la capacité de régulation de l’humidité de ces grands volumes de terre crue permettent un bon confort thermique.

– L’assemblage du bois dans les murs en terre


La mise en œuvre de la bauge nécessite d’être associée à des ouvrages en bois. Le maçon et le charpentier travaillent ensemble, on observe souvent des détails d’assemblages terre/bois de qualité.
Une frise en bois est utilisée pour répartir les charges ponctuelle de compression et ainsi d’éviter les fissures de la maçonnerie au droit des poutres ou des fermes.

– Les conduits de cheminée en terre crue

Le conduit de cheminée est directement façonné sur le manteau et les corbeaux. Il est adossé au pignon ou au mur de refend.
L’inertie thermique de la terre lui permet de stocker la chaleur et de la restituer lentement.

conduit de cheminée en terre crue

– Les ouvertures en double carré en bois

extrait de la revue annuelle de l’association Tiez Breiz

La double carrée en bois supporte les menuiseries, sert de linteau et permet de protéger de l’abrasion les angles saillants de la maçonnerie de terre. Le bois de chêne utilisé pour ces pièces est connu pour sa longévité.

double carrée en chêne

Les doubles carrés sont posées avant le mise en œuvre de la bauge et les levées successives viennent ensuite les enserrer et les maintenir.

– L’implantation de la maison est adaptée au climat et au paysage

On observe des implantations souvent judicieuses. La façade principale, plate et sans décroché est largement frappée par le soleil l’hiver, permettant ainsi au mur en terre de stocker la chaleur solaire.
Les pignons aveugles supportent les conduits de cheminées. La façade arrière au Nord comporte peu d’ouverture, elle est souvent couverte par un appentis la protégeant. Dans certaines maisons, les gerbières du grenier servaient à stocker la paille sur le plancher du dernier niveau. Cette disposition a pu permettre d’améliorer l’isolation thermique en partie haute.
La terre crue utilisée pour la construction est extraite à proximité du chantier. Le site d’extraction tire partie des possibilités locales en créant des chemins creux, une mare, en creusant une cour.

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